Les peurs : La nuit
Par Redacteur le samedi 2 janvier 2010, 20:03 - Les touts petits - Lien permanent
Les peurs : La nuit, par Amélie Gahete.
Les peurs... La nuit
T'en fais pas mon p'tit loup, t'en fais pas, c'est la vie
La peur est liée à notre condition et n'a pas de frontières. Ici, lorsqu'ils ont des mots pour le dire un peu, les enfants ont peur des loups, ailleurs des tortues. Lorsqu'ils n'ont pas encore le langage, ils auront peur de l'ombre d'un rideau, de ce qui se passe la nuit sous leur lit ou dans le placard.
Les tout petits, entre 7 et 10 mois, peuvent avoir peur d'un visage étranger, d'un décor peu coutumier. Il s'agit de les aider, en restant avec eux et en les rassurant, à apprivoiser ces éléments nouveaux qu'ils découvrent. Lorsqu'ils ne sont pas avec les parents, mais une nounou, un ami, une professionnelle, ils peuvent être pris de panique, pour un son, un changement de rythme ou un geste. Sans faire de long discours, on peut reconnaître leur peur et leur en donner l'explication : - Tiens, tu as eu une frayeur, c'est le volet qui a claqué à cause du vent.
Nous pouvons facilement imaginer ce que la peur provoque. Parce que même adultes, nous avons aussi et encore des peurs irraisonnées.
Plus tard, vers 2 ans et demi-3 ans, l'enfant a des peurs plus intenses, souvent au moment de la nuit. On le voit d'ailleurs fort bien en crèche, ou même en maternelle, la sieste pouvant être une étape difficile. Parce qu'il s'agit de se laisser aller, sombrer dans le sommeil, sans la présence de celle et celui qui les contiennent le mieux : leurs parents. C'est pourquoi la période d'adaptation à la collectivité, chez les petits, devrait être progressive, adaptée à chacun, la dernière étape étant l'accompagnement à la sieste.
Les rites du soir peuvent aider l'enfant. Un doudou, un biberon, une tétine (n'oublions pas que même s'ils ne le disent pas, certains de nos enfants ont encore besoin de ces "doudous" même en début de primaire !) Une chanson, une histoire lue, de la musique, une lumière tamisée... de toutes petites attentions peuvent aider les enfants à se laisser emporter par le sommeil. Certains n'ont pas envie de dormir. (la vie est trop courte !). Il est bon de leur expliquer à quoi sert le sommeil, si possible sans s'énerver. Cela sert à se reposer de la journée et à prendre des forces pour celle du lendemain. Leur dire aussi que même les adultes ont besoin de dormir.
Les cauchemars : Faire un cauchemar entre 2 et 6-8 ans n'est pas anormal en soi. La plupart du temps, c'est l'expression d'une tension qui doit s'évacuer. Or, lorsqu'on dort, on ne maîtrise plus rien et cette tension peut alors s'exprimer. Quant aux enfants qui ont la nette impression que la chambre se transforme en jungle, avec des troupeaux de loups, des meutes d'araignées ou des tribus de "machins" qu'on ne peut pas identifier, peut-être faut-il apprendre à éviter les phrases qui ne rassurent que les adultes au fond, en disant : - Il n'y a pas de loup. ou : - Mais regarde ! Tu vois bien qu'il n'y a rien !
Parce que c'est une bonne intention, mais l'enfant va l'entendre comme la négation de sa peur. Il y a quelque chose.. en lui, qui lui fait bel et bien peur.
C'est bon de jouer avec les peurs. Un peu comme on aime, plus tard, et longtemps, jouer "à se faire peur". Nous avons tous connu les joies de ces petites terreurs.
Il y a une période de la vie où l'enfant comprend qu'il n'est pas "intégré" dans la bulle de la mère ou du père. Qu'il est "seul". Au monde. Comme nous le sommes tous. Parfois alors, les cauchemars sont une manière d'apprivoiser cette idée.
Il est aussi des cauchemars existentiels, l'enfant étant pris dans des désirs et des frustrations auxquels il ne peut donner de nom et qui sont antagonistes. Par exemple, aimer son papa, le prendre pour modèle tout en lui en voulant d'être l'élu de la maman... ça fait mal !
Loup2
"Est-ce qu'il y a des peurs qui n'en sont pas ? Par exemple, l'enfant dit qu'il a peur mais en fait, il cherche, tâte, utilise cet argument pour nous garder près de lui ?"
Oui, c'est possible. C'est d'autant plus possible si vous êtes pris dans l'engrenage de céder chaque fois qu'il veut dormir avec vous. Parce que l'enfant en fait une habitude, un dû dont il aura du mal à accepter l'arrêt.
Mais il est bon de prendre les peurs au sérieux. De ne pas s'en moquer.
En rire n'est pas se moquer : Certains parents vont aller regarder sous le lit, ouvrir grande l'armoire, jouer les chasseurs dans la chambre, sans exciter l'enfant mais pour dédramatiser la peur obscure. C'est une manière de jouer avec les peurs.
D'autres vont expliquer à l'enfant qu'ils vont rester encore quelques minutes "juste pour une autre chanson" et qu'ensuite ils sortiront de la chambre. Et on se verra demain. Et laisser le couloir allumé ou installer une petite veilleuse dans la chambre, ou coller des étoiles fluorescentes au plafond.
On peut aussi essayer de faire raconter à l'enfant sa peur, ce qu'il a rêvé. S'il s'en souvient. Ou même le faire dessiner.
N'oublions pas que les contes de notre enfance, Barbe bleue, Peau d'âne, Le petit poucet etc... racontent en somme magnifiquement les peurs enfantines. En les lisant avec eux, en prenant le ton, en mimant des scènes, l'enfant se sentira non solitaire avec ses frayeurs, il pourra vaguement les identifier, surtout si c'est une personne affectivement importante qui l'accompagne dans cette aventure. Jouer avec les peurs a du bon pour l'enfant.
Parce qu'au fond, le but, est de faire de nos peurs une force. Avoir peur mais surmonter la peur, c'est grandir, et devenir plus fort, plus assuré, donc plus confiant en soi comme dans le monde dont on fait partie.
Rédigé par ameliegahete le 17 octobre 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0) 16 octobre 2006 A table !
"Avant d'avoir des enfants, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants".
Boudeur
La rencontre du vendredi 6 octobre 2006 à Lille portait sur les différences de comportement de nos enfants, qui font que soit la mère, soit le père en arrive à se demander s'ils sont de bons parents.
Le premier sujet qui a spontanément été évoqué portait sur les repas.
- Il ne veut pas manger de "vert" -salade, haricots, courgettes etc...- Certaines mamans se reconnaissent dans le portrait de celles qui, craignant que l'enfant ne se nourrisse pas correctement, en viennent alors à faire une omelette ou des frites à toute allure. Du moment qu'il mange. Tout en sachant qu'un enfant ne se laisse jamais mourir de faim, la culpabilité joue sa carte et l'on voit alors des enfants qui très vite mais sans calcul, finissent par décider du menu du jour.
Un papa, séparé, raconte qu'il lui est arrivé de préparer, avec amour, un plat. Voilà qui lui a pris du temps, il en avait envie et en éprouvait une fierté anticipée. Sauf que l'enfant n'a pas aimé, ou n'a pas voulu goûter. Il n'y aurait qu'un pas à franchir pour culpabiliser l'enfant : -Quand je pense que j'ai passé une heure à cuisiner... !
Ce papa n'a pas réagi ainsi, mais combien d'entre nous le font ou l'ont fait ?
On peut imaginer que ce sont les parents qui décident du menu du jour, parfois avec en proposant à l'enfant s'il sait parler, mais en gardant à l'esprit que l'alimentation doit être variée et complète. Ensuite, au moment où l'on passe à table, s'il y a des petits pois-carottes, garder à l'esprit que ce n'est pas l'enfant qui décide, soit lui accorder une position de toute puissance. Il y a des petits pois carottes, il n'est pas obligé de les manger, mais il n'y aura pas de chantage consistant à se dépêcher de faire un menu particulier. Ceci vous ferait entrer dans le "Mange pour me faire plaisir" - "Une cuillère pour papa, une autre pour maman".
Les repas ne devraient pas être un champ de bataille. L'enfant mange ou non le repas prévu et s'il ne le mange que partiellement, il finira par avoir de l'appétit le soir. Au fur et à mesure, nos enfants comprennent alors fort bien que la maison n'est pas, au moment du repas, un restaurant libre service.
Une maman suggère de préparer des plats variés, des couleurs attrayantes. Tous les parents n'ont pas le temps et le don de préparer en permanence une table suggestive. Mais l'idée en soi est bonne.
Expliquer pourquoi on ne peut pas manger des frites à chaque repas, conserver son choix de menu du jour, ne pas forcer l'enfant.
Un papa s'étonne que si l'enfant n'a pas mangé le menu principal, le dessert lui soit accordé. Oui mais....
Oisillons
Peut-être parce que la nourriture doit rester un plaisir et ne pas devenir un enjeu. Priver l'enfant de dessert s'il n'a pas mangé les petits pois carottes reviendrait à le punir, c'est-à-dire non seulement à le priver de ce qu'il aime, mais de plus à retourner la culpabilité vers l'enfant.
Eduquer un enfant ce n'est pas le soumettre. Mais ce n'est pas non plus lui céder si nous considérons que ce que nous faisons est bon pour lui et non malsain. On peut considérer, sans passion ni colère, que le repas décidé ne sera pas modifié parce que nous sommes maîtres en notre maison. Peut-être que demain.... au repas... il y aura... des frites !