C'EST CELUI QUI DIT QUI Y EST

Parfois, les parents se demandent s'il est très important de dire "non" à tel moment. Cela dépend de votre mode de vie, de l'éducation reçue, de vos valeurs.

Certains parents n'accorderont guère d'importance aux petites lois concernant le registre alimentaire, d'autres seront plus fermes sur ce terrain.

L'enfant est en sécurité psychique lorsqu'il sent : 1/ Que les parents sont relativement cohérents face à ces tentatives, 2/ Que chacun des parents est fidèle à lui-même, ne se ment pas à lui-même.

L'enfant apprendra alors, au fil du temps, à dire "non" lorsqu'il sent que cela le place en désaccord avec lui-même. Il apprendra également, et c'est très important dans sa relation à autrui, à respecter sa parole.

UN NON AVEC UN PETIT ELASTIQUE

Rien n'empêche de négocier, de jouer avec l'exceptionnel.

Une maman a vu sa petite fille arriver et lui dire d'emblée :

- Je sais que tu refuseras mais je te le demande quand même. (elle voulait regarder la télévision durant les dix minutes qui précèdent le diner, acte interdit dans la maison). A la grande surprise de l'enfant, folle de joie, la maman a dit oui. En redisant doucement qu'il s'agissait d'une exception.

A la crèche, les deux à trois ans n'ont pas le droit de dire "Cacaboudin" à table ou à tout bout de champ. Il arrive de temps à autre que nous mettions les volontaires dans la salle et le jeu de transgression consiste à dire, crier, chanter, "cacaboudin" autant qu'ils le veulent, entre deux sonneries de clochettes (ce qui dure environ une minute, et les réjouit au plus haut point), la règle étant qu'ensuite, le mot redeviendra interdit. Il en résulte qu'au bout de quelques secondes, nous voyons des enfants ne pouvant plus hurler "cacaboudin" tant il sont occupés à rire.

Nous pouvons déplacer les interdits de leurs rails, de temps à autre. C'est une parenthèse, qui fait rire toute la famille, ou un parent avec un enfant, c'est Nöel en avril. La règle en aura t'autant plus de valeur.

En somme, plus le "non" sera aisé à énoncer, justement annoncé, plus le "OUI" prendra de la valeur.

DIS-MOI OUI, DIS-MOI NON, DIS-MOI SI TU M'AIMES

Pour les parents qui ont du mal à refuser quelque chose à l'enfant, il peut être aidant d'observer. Au bout d'un moment, l'enfant dit à peine merci, il ne marque plus la surprise de la découverte, de l'étonnement. Le oui devient une habitude puis un dû.

Et contrairement à ce que nous espérions en ne disant jamais "non", cet enfant ne peut pas être assuré d'être aimé.