Savoir dire "non" - 3/7
Par Redacteur le mardi 2 mars 2010, 14:22 - Parentalité - Lien permanent
Savoir dire "non" - Billet 3/7 - SOUVENIR, SOUVENIRS, par Amélie Gahete.
SOUVENIR, SOUVENIRS
Il est toujours intéressant de se poser, en tant que parents, ces deux questions :
1/ Quel est le (ou les) souvenir d'un "Non" qui me fut opposé et m'a marqué étant enfant ? Ce souvenir peut provenir d'un grand-parent, d'un frère plus âgé, d'un inconnu.. Pourquoi en avons-nous été marqués ? etc.
2/ A quel moment, dans quelles circonstances, m'est-il le plus difficile de dire "non" à mon enfant ? Est-ce par fatigue ou lâcheté, est-ce pour avoir la paix ou par crainte d'un danger ? Est-ce par énervement, ou parce que cela fait deux heures que nous aurions dû déjà dire non à quelque chose et n'avons pas su le faire ? Etc.
Cet exercice pourra parfois nous aider à nous mettre à la place de l'enfant et de ses réactions, donc d'évaluer notre explication, ou pas.
Il est vrai que vers deux ans et demi, l'enfant dit "non" systématiquement et nous devons faire la part de ce qui est "Non, parce que je veux être autonome" avec le "Non, parce que tu me dis tout le temps -non- alors je fais pareil.
Même s'il s'agit de faire des actes qu'ils aiment : prendre un bain, manger.
Alors, avec cet exercice, peut-être que nous retrouverons des sentiments d'incompréhension totale, ou d'injustice, ou du "non" mal reçu et blessant parce qu'il ne valait pas ce bras de fer.
CHANGER DE LIEU, CHANGER DE LOI
C'est avec les parents, principalement, que l'enfant se construit. Entre autres, parce que l'enjeu affectif est vital, mais aussi monumental.
Une fois, à l'école, il va devoir affronter des "non" particuliers, peut-être même apparemment contradictoires avec votre manière de faire et d'être.
Mais si cet enfant, même ayant seulement deux ans et demi, a déjà éprouvé et essuyé vos "Non" à vous, les parents, qui sont des "Non" prononcés sans éclat mais avec conviction, votre enfant s'adaptera parfaitement aux règles de l'école ou à celles d'une autre maison - les grands-parents, des amis, une tante-.
Nous voyons avec quelque sourire intérieur, des parents, réagir par exemple, au "Non aux bonbons" de l'école Bara, donner de suite à leur enfant en sortie d'école une sucrerie. Comme pour compenser l'interdit vécu par l'enfant durant la journée.
Ce qui est le plus important est que l'enfant intègre que dans tel lieu, il doit accepter telle règle, alors que dans un autre, cette règle ne sera pas d'actualité. Et nos enfants, très vite, très tôt, sont parfaitement capables de sortir leurs antennes pour comprendre à quel moment et avec qui le "Non" pour telle chose, devra être respecté.
JE SUIS LE ROI DU MONDE - MOI JE SUIS LA REINE DES ABEILLES
Etre capable d'opposer notre autorité à l'enfant, c'est lui faire comprendre qu'il n'est pas dans la toute puissance.
C'est le préparer à affronter les "Non" qu'il entendra tout au cours de sa vie, et qu'il saura gérer. C'est l'inviter à se définir, à être capable de choix, à savoir où est son désir, son opinion.
Nos enfants, disons jusqu'à la fin de l'école primaire, apprennent mille choses, DONT les règles en société. Ensuite, ils auront dans leur bagage le capital que vous lui aurez transmis, et il ne se sentira pas désemparé face à un "Non", comme si cela signifiait pour lui la fin du monde, le désamour.
Et il reste aux parents à apprendre à dire un "Non" qui ne soit pas un faux oui. Il y a des parents qui disent à leur enfant : - Je t'ai dit trois fois de mettre ton manteau, alors maintenant c'est : UN....... DEUX.....
Et souvent, l'on voit l'enfant se dépêcher d'obtempérer, peut-être par crainte, en tout cas sous la menace (même s'il ne saura jamais ce qui se passerait si le parent devait dire : TROIS !)