LE "NON" MARCHAND DE TAPIS

Une maman demande : - Si je dis non, et que, devant le désarroi, la tristesse de mon enfant, je propose autre chose, est-ce que cette "négociation" est négative ?

Cela fait penser aux professionnelles de la petite enfance, qui savent que, par exemple, lorsqu'un enfant exige tel jouet, lequel est déjà entre les mains d'un autre petit, la seule issue efficace est de parvenir à détourner son imaginaire en lui proposant, en effet, une voie apaisante.

Ceci s'effectue dans le jeu, dans un rire, un véritable emballement.

L'autre possibilité, si l'enfant est un tout petit peu plus grand, est de recourir également à l'imaginaire, en lui proposant de raconter tout ce qu'il ferait avec l'objet -camion, pousette, voiture, etc.-. En quelque sorte, de rêver déjà, de se donner du plaisir. Ce qui permettra à l'enfant d'apprendre à patienter, d'apprendre à prendre son tour, faire la queue.

Ces négociations-là sont très riches, y compris pour la relation.

Il y a d'autres "négociations" qui sont plus délicates, mais chaque parent le sent alors et s'aperçoit qu'il propose un objet pour un autre, mais au fond, en cédant littéralement face à l'exigence de l'enfant.

Si vous préparez le diner et que l'enfant réclame du pain, vous pouvez lui offrir un bout de carotte ou l'inviter à aller plus vite parce qu'il va vous aider en vous tendant chaque pomme de terre à éplucher. Si cela ne marche pas, c'est à vous de voir dans quelle mesure vous lâchez prise ou non.

Francis (papa) dit en souriant :

- Il faut tout de même céder de temps en temps.

Bien sûr !!!

C'est précisément toute la joie que cela procure à tous, ce "Oui" qui est donné à l'enfant, lequel le reçoit comme une surprise d'importance.

Il est fatigué, ou un peu patraque, ou a vécu un gros malheur dans la journée... alors oui, on lui donne ce petit bout de pain, avec du beurre dessus ! C'est une sorte de tricostéril affectif.

Dès lors que nous savons que notre enfant a intégré le fait qu'il existe une loi, et que c'est la notre, alors, les petites exceptions deviennent des fêtes.

MOI QUAND JE SERAI GRAND JE SAURAI DIRE "PAS OUI"

Ce sujet est d'autant plus important que même adultes, nous avons des difficultés à prononcer ce "Non" : aux amis (on fabrique un mensonge pour ne pas se rendre à une invitation), au patron, aux collègues, au voisin, au facteur, à celui qui demande un service, à une compagne, un compagnon.

Dire "Non" c'est se définir par rapport à l'autre. Et nous craignons souvent de faire de la peine plutôt que de nous définir. alors que, ceci fait et dit posément, la relation est plus saine.