JE TE DIS NON PARCE QUE JE T'AIME

Une maman a été touchée par le fait d'avoir entendu qu'en sachant dire "Non" à nos enfants, nous leur apprenons à être capables de prononcer ce "Non" lorsqu'ils sentiront que la chose proposée va contre leur conviction, ou leur peur, ou leur choix.

Même en primaire cela se joue : Driss a 8 ans et traverse une période douloureuse, parce qu'il a un ami, mais depuis quelque temps, cet ami se comporte en classe et dans la cour d'une manière qui ne convient pas à Driss, lequel a posé l'autre soir la réflexion suivante :

- Je ne suis pas heureux en ce moment. Elie fait n'importe quoi et je veux lui dire que je refuse de le suivre, mais je ne sais pas comment lui dire parce que c'est mon ami et qu'il pourrait refuser notre amitié après.

Cela signifie que Driss, à 8 ans, a reçu des règles, des principes, qui le rendent capable aujourd'hui, de dire à son copain : - Je ne te suivrai pas dans ton idée (donc refus d'influence) parce que ce que tu fais ne me fait pas rire (poser son désir) et en plus tu vas avoir des ennuis et je préfère te le dire parce que tu es mon ami (franchise).

Anne ajoute : - Même adolescents, ils posent encore des questions incongrues, et devant notre refus, ils répondent par un : - Je savais que tu allais dire non mais je voulais en être sûr(e).

- Ils ne protestent pas, dit Anne, mais ils ont visiblement besoin de se confronter à des "non" et l'on sent bien que c'est ce qu'ils voulaient entendre. Il se construisent avec cela, dans la frustration aussi.

LE RESPECT DU "NON" EST-IL RECIPROQUE ?

Une maman demande :

- C'est peut-être un autre débat, mais je voudrais tout de même savoir.. ce qu'il en est de la manière dont NOUS, adultes, sommes capables de respecter leur "non" à eux, nos enfants.

(plusieurs parents acquiescent).

Selon le cas de figure, si l'enfant nous dit "Non", cela peut nous aider, adultes, en prenant un peu de recul, à nous demander si le "non" de notre enfant nous blesse, nous met en colère, nous heurte, s'il ne vaudrait pas mieux accepter son refus de sorte qu'il intègre que nous le respectons dans son choix, comme nous avons essayé de lui apprendre que certains de nos "non" ne seraient pas discutables.

Il ont des "non" au fur et à mesure de leur évolution qui deviennent pour nous, adultes, parents, plus délicats à gérer.

L'enfant qui refuse de prendre son bain le soir, selon que nous concevons ou non qu'on puisse ne pas se laver chaque jour, va nous poser un problème. A nous de "jouer" comme le disait Francis tout à l'heure, sur le "OUI" soit : bon.. d'accord... mais demain tu le prends, ou à nous de poser un cadre, par exemple : le mardi soir, comme tu n'as pas école le lendemain, tu pourras ne pas prendre de bain.

L'objectif là encore, est de parvenir en effet à respecter le "non" de l'enfant tout en nous sentant indemnes dans notre qualité de parent, telle que nous l'imaginons. Le second objectif est de témoigner à notre enfant qu'il acquiert une forme de liberté, d'autonomie, qu'il la réclame et que nous l'avons réellement entendu.

POURQUOI ? PORQUE ? WHY ? LES "NON" SURREALISTES

Une maman demande : - Est-ce qu'on doit toujours expliquer le "Non" ? Doit-on le dire tel que, sans se justifier, ou bien doit-on donner quelque raison à l'enfant ?

Concernant les pré et adolescents, il leur est nécessaire d'entendre une raison qui motive votre "Non". Parce qu'il leur faut conceptualiser votre position, donc la leur. Ils ont besoin de se sentir respectables, ce qui passe par une motivation de votre refus. Ne confondons pas explication et justification. Vous dites : "Non". Et vous expliquez pour quelle(s) raison(s).

Parce que l'adolescent a un rapport à l'autorité un peu paranoïaque, par exemple, et ce qui est à l'opposé de ce qu'il veut signifie être "contre". Mais être "contre" peut vouloir dire, au contraire, être "avec". Et il doit l'entendre, le ré-entendre et le comprendre.

Pour ce qu'il en est des petits, si vous répétez une scène cent fois vécue, il est bon parfois d'affirmer votre "Non" en ajoutant que le pourquoi de votre opposition a déjà été fournie et que son rôle à lui est d'y repenser.

Il arrive un moment où l'enfant va passer et repasser cent fois sur la question. Après avoir donné vos raisons, le "Non" en soit peut suffire.

A cet effet, nous voyons souvent nos enfants demander : - Pourquoi tu me dis "non" ? Pourquoi tu ne veux pas ? -Parce que je n'ai pas envie. - Mais pourquoi tu n'as pas envie ? Et qu'est-ce que ça peut faire ?

Mais ils demandent très rarement : - Pourquoi tu me dis "oui" ?

Une maman ajoute : - Oui... parce que je vois que j'ai tendance à lâcher un "non" systématique, parce que j'en ai trois, parce que je suis fatiguée. C'est seulement ensuite que je me demande : Mais pourquoi dis-tu "non" d'emblée ?

LE DOUBLE SAUT PERILLEUX EN VRILLE RETOURNE

Francis (papa) ajoute qu'il lui est arrivé, comme à cette maman, de dire un "Non" expéditif, et de se sentir suffisamment remué par le visage et l'émotion de l'enfant pour y réfléchir ensuite, au point de dire à son fils : - J'ai été un peu rapide ce matin, je t'ai dit "Non" pour ceci mais je me suis trompé. On peut faire la paix ?

Il est mille manières AUSSI de s'excuser sans perdre la face, et ainsi, d'apprendre à nos enfants que reconnaître ses torts est un moteur important dans les relations.

Nous ne pouvons pas éviter les abus de notre pouvoir d'adulte, mais si nous sentons que l'enfant l'a mal vécu, nous pouvons rattraper l'erreur commise. Une simple phrase suffit. Ca restitue de la confiance, de l'échange. Et l'enfant arrive même, plus tard, à devancer en disant :

- Tu vas peut-être me dire "non" papa......

Une maman ajoute :

- De même que nous pouvons saturer et jeter notre colère après l'un contre les trois enfants.

C'est important alors de le dire. Y compris par exemple, envers le compagnon qui rentre du travail, s'écrie "Bonsoir !!" et se sent refoulé dès l'entrée, parce que notre fatigue nous dépasse. (fou rire des parents présents).

PAPA EST EN OUI IL FAIT UNE VACHE QUI RIT MAMAN EST EN NON ELLE FAIT DU COCHON

Question : Au fond, puisque des papas sont présents, peuvent-ils nous dire s'il prononcent le "non plus facilement que leur compagne ?

Un papa : - Je suis plus ferme je crois. Ma femme dit "Non" mais ce sont des "Non" au bord de céder. Mon "Non" n'est pas plus fréquent, mais plus fidèle. Quand les enfants pleurent, je tente de tenir plus longtemps. Mais je ne sais pas si c'est une question de sexe.....

Nous sommes différents de structure. C'est heureux parce que cela permet la complémentarité, mais l'enjeu affectif étant différent, souvent les papas sont plus sages tout en étant plus dilettantes.

Un autre papa : - Je suis partisan du "Non" et j'ai parfois l'impression d'être une usine à "Non". J'ai aussi l'impression que plus mon fils grandit plus il se rapproche de moi : Donc cela ne le gêne pas pour notre relation. Il se trouve que j'ai de la famille éparpillée dans le monde et il existe des cultures où le "non" n'existe quasiment pas.

En occident, il me semble que le "Non" sécurise les parents. Le "Oui" facilite l'immédiat.

Il y a aussi le "Non" des parents et le "Oui" des grands-parents. Et il faut gérer cet écart, ce n'est pas toujours simple.

C'est une crainte que j'avais au départ mais les choses se sont en effet aplanies et fixées. Les lois des grands-parents ont été admises par l'enfant, la notre également. Aujourd'hui, je sais que chez ses grands-parents il va s'éclater, et une fois rentré à la maison, il retrouve sans problème les lois qui sont les notres.

QUAND LA FAMILLE ELARGIE S'EN MELE ET S'EMMELE

Il est difficile d'interagir avec ceux qui nous sont, sanguinement ou par alliance, proches :

Les grands-parents, lorsqu'ils s'immiscent réellement dans la maison (souci évoqué dans une autre conférence), quand les oncles et les tantes, donc plus près de nos âges, prennent avec notre enfant des initiatives que nous n'aimons pas.

Ou inversement, lorsque les neveux, nièces, sont chez nous, par exemple pour un après-midi ou un week-end, et qu'ils n'ont visiblement pas les mêmes règles de vie.

C'est vous qui faites la loi chez vous. Si vous recevez une nièce, un neveu, et que vous estimez avoir à le gronder ou lui interdire un comportement qui n'est pas accepté chez "vous", alors cet enfant doit l'entendre et surtout, ses parents devraient marquer leur accord.

Sinon, votre enfant ne comprendra pas l'écart d'attitude, selon son âge il éprouvera un sentiment d'injustice à juste titre, voire nourrira une forme de sentiment négatif à l'endroit de sa cousine ou son cousin.

Tout enfant qui est sous votre toit se doit de respecter votre autorité et les règles qui vous semblent immuables.

C'est ensuite, à son père, sa mère, donc votre frère, votre belle soeur, ou l'inverse -beau-frère, soeur, de dire : - Et bien ton oncle a bien fait de te dire "non" ou de te réprimander. Chez lui, c'est lui qui décide.

Lorsqu'à l'inverse, votre enfant ira chez son oncle et sa tante, nous pouvons espérer qu'il aura loisir de transgresser des règles qui par vous et dans votre maison, lui sont imposées.

Ensuite, l'enfant saura clairement à quoi s'en tenir. Cela ne l'empêchera pas de jouer, de rire, avec vos enfants, avec vous. Il est par contre important que les oncles et tantes acceptent cette donne, tout simplement.

QUAND LE MODE D'EDUCATION VARIE DE LA TERRE A PLUTON

Une maman dit alors : - Le risque éventuel est de se fâcher avec les belles-soeurs, les frères, les beaux-frères etc... C'est gênant.

Pourquoi serait-ce gênant ? On peut calmement évoquer le petit souci, surtout lorsque les enfants sont petits, afin de s'accorder mutuellement sur le respect de ce qui se passe dans la maison de chacun.

S'il y a une véritable relation affective entre vous, adultes, tous devraient faire le chemin de la réflexion et ne pas se sentir jugés, mais juste, comprendre que vous êtes maître en votre demeure comme vous acceptez qu'ils le soient dans la leur.

Si la discussion semble impossible ou douloureuse, restez fidèle à vos convictions et dites "non" au neveu ou à la nièce.

NE PAS SAVOIR / POUVOIR PARLER AUX PARENTS DES COPAINS DE NOS ENFANTS


*** Une maman, très touchée par ce sujet, parvient à dire qu'elle n'a pas réussi, su, parler et dire aux parents de l'enfant qui n'est pas le sien, en quoi elle se sentait dérangée par son attitude allant parfois à l'encontre de ses valeurs.

Nous pouvons tenter de parler avec l'autre adulte, de manière très banale, pour commencer : - Au fait, cet après-midi, ton fils m'a demandé ceci, je lui ai refusé pour telle raison.

La maman explique alors que ce type de problème est hélas plus profond, plus global, et concerne une manière de laisser l'enfant libre, hors toutes contraintes, ce qui lui fait par exemple, démonter une table, saccager ou éparpiller des jouets. Les parents ne disant jamais "Non".

Et cette maman reconnaît que la seule parole possible serait, pour elle, de dire : - Je ne suis profondément pas d'accord avec ton mode d'éducation. Ce qui lui est, évidemment, fort difficile.

Peut-être peut-on commencer par dire à la maman de l'enfant, sur un mode humoristique : - Ton fils a essayé de faire un kit avec l'armoire à pharmacie, je n'ai pas été d'accord.

Dire les choses avec légèreté peut permettre de les aborder plus sérieusement, dans un temps "X".

Cela aide, sur l'instant, à ne rien cacher à la maman de l'enfant qui était invité chez vous.

Mais au moins, cette maman se sentira intègre. Au milieu du récit des anecdotes, elle aura conté un petit incident qui l'a mise en position de devoir refuser quelque chose à l'enfant d'une amie, proche ou non.

Quoi qu'il en soit, il est important, pour NOUS et NOS enfants, de savoir dire "Non" aux autres enfants qui viennent chez nous. Si leurs parents sont "justes" ils ne se "vengeront" pas de manière inconsidérée mais respecteront, tout simplement, vos principes.

QUAND MON SOUVENIR D'ENFANCE A UNE CICATRICE QUI S'APPELLE : INJUSTICE


*** Le grand-père amical prend cause pour les petits

Parfois les parents peuvent avoir tort. Et une tierce personne peut leur dire : - Tu t'y prends mal avec ton enfant. Fous-lui la paix.

Vous ouvrez le poste et vous n'entendez que des injustices et des drames. Je suis terriblement sensible à cela, à cause de mon enfance. (notre ami est ici profondément ému et s'en excuse, mais je veux quant à moi,le remercier de son authenticité).

J'avais une place dans une entreprise, mais finalement j'aurais mieux fait d'être avocat.

J'ai pourtant, évidemment conscience, que ce sujet du "oui" et du "non"... est terriblement important. Je n'ai pas loin de 60 ans. Mais j'ai un souvenir de dingue, de "Non" trop fréquents, injustes. De ne pas être écouté, entendu.

Vous avez en tant que professionnelles, des responsabilités face à ces enfants. Mais pour moi, le "oui", le "non", c'est un thème fondamental, vital, auquel je suis très sensible.

Donc...... Je n'ai pas loin de 60 ans, et je n'ai.. jamais pu dire : OUI. Toujours devoir fermer sa gueule.

Que la vie soit injuste n'est pas grave, ce qui est grave c'est que nos enfants le vivent mal sans pouvoir l'exprimer.

(cette intervention, très forte, soulève des apartés entre parents, des petits commentaires dont il semble que quelques parents ont fort bien entendu et ressenti l'émotion et les arguments du grand-père amical).

LA TIERCE PERSONNE FACE AUX PARENTS DONT ON PENSE QU'ILS DERAPENT


*** Le grand-père amical parle des contradictions fondamentales dont les enfants sont victimes.

- L'enfant rentre et raconte un incident. Combien de fois j'ai vu un parent dire : - C'est ton prof qui a raison ! Il a bien fait de te dire "Non" !

- Je veux dire qu'il me semble.. Que souvent l'enfant n'a pas grand monde le soutenant pour lui dire : - Tu as raison.

Dès que je peux, je m'autorise, après réflexion, ça va de soi, à dire aux parents qu'ils n'ont pas écouté et entendu suffisamment cet enfant qui s'estime avoir été victime.

Si, dans ma famille ou ailleurs, je vois des parents que j'estime déborder, je le leur dis, en tant que tierce personne. Parce que je me souviens de ma propre enfance. Il arrive tout de même des situations où l'enfant a raison, est dans SA raison, et n'avait pas tort. Je trouve vraiment que les enfants ont souvent tort. Il est important que des adultes sachent les protéger, les réconforter.

Je veux dire qu'à un certain moment, l'enfant peut avoir raison et PERSONNE ne le voit ou PERSONNE ne l'admet.


*** Un papa explique :

- On peut exprimer aux "amis" ou aux parents d'un ami de nos enfants, un désaccord. Il y a aussi une manière de dire les choses. Par exemple, je ne dirais pas, même si je le pense : - Ton gamin est chiant. J'opterais pour un ton et un vocabulaire plus recevables en disant par exemple : - Il a telle qualité mais il a été un peu turbulent... Et en effet, on peut le dire avec un ton humoristique, léger. En espérant que cela fasse son chemin, parce que je ne doute pas que ces parents entendent et entendront le même son de cloche venu de plusieurs personnes extérieures.

*** COMMENT SE POSER FACE A L'ENFANT LORSQU'IL EST VICTIME D'INJUSTICE ET QU'UN "TIERS" L'A SANCTIONNE ?

Un autre grand-parent prend la parole :

Sur ce sujet, mes enfants sont adultes.. Mais ceci ne nous empêche pas de nous souvenir. Et on en parle.

Une de mes filles s'était faite punir, très fermement je dirais, par son enseignant, qui se trouvait être, par ailleurs, un de mes bons copains. Mais en mon âme et conscience, j'estimais la sanction injuste.

J'ai dit à mon enfant : - J'ai entendu tes explications. Je pense profondément que cette sanction n'avait pas lieu d'être mais je te demande de faire la punition. Parce qu'elle a été donnée par ton enseignant et c'est la règle. Je retiens et te soutiens : Je suis convaincu que tu as été victime d'une injustice, là. Seulement, ton prof. a sanctionné, et ça, tu dois l'accepter, moi également.

Par contre, je suis allé voir l'instituteur, et mon ami de surcroît, et lui ai déballé tous mes arguments, les circonstances, etc : - Tu as déconné et tu ne me refais pas ce coup-là deux fois. Je veux qu'on en parle. Tu as été injuste. Choses reconnues entre quatre yeux. Peu importent les raisons, la fatigue.

Aujourd'hui ma fille a trente ans et s'en souvient. Comme une réparation et une compréhension. Nous en parlons encore, cela fait partie de notre histoire de famille. Mais il me semble que j'avais séparé face à mon enfant, la "loi" du professeur et "mon avis" de parent.

Je tiens à dire que cette enfant était discrète et avait en quelque sorte "subi" la punition. Sa soeur, par contre, a un caractère disons, réactif. Ce qui peut aider l'enfant à s'exprimer tout en provoquant des effets disons plus dynamiques.. ou dynamites. C'était une enfant qui revendiquait. (rires des parents) Je n'utilisais pas l'interdit sous la forme du "Non" mais sous celle des "Limites".

Par conséquent nous avons, avec cette seconde, été souvent en confrontation, avec les limites. Aujourd'hui, elle est adulte, et se félicite de ses cadres qui lui ont été posés.

ET SI MOA J'AI JUSTE ENVIE DE DIRE : NON !!!! PAREIL QUE TOI ! HEIN ? HEIN ?

Le témoignage de ces "grands-parents", ayant chacun leurs souvenirs, ceux de leurs échecs et de leurs réussites, relance la question du tout petit -disons, 15 mois à 3 ans - qui dit : NON.

Non... peu importe pour quoi, même pour des choses, aliments, jouets, jeux, qu'il aime. Il lui est vital d'opposer un "NON" pour s'affirmer en tant que personne : avec TEL prénom, TEL nom, TEL sexe.

Anne (maman mais institutrice de maternelle) confirme que c'est bien le cas.

Anne évoque un album qui fait jubiler les petits de maternelle : Il s'agit de "Qui dit non, qui dit non", un ours, papa, dmande des choses et l'enfant dit : "NON". Anne souligne combien la lecture et l'écoute de l'histoire instruit les enfants, quels qu'ils soient, et les rend véritablement heureux, visages éclairés, jouissifs. C'est.... EUX.

Je vous rappelle que les petits, de 18 mois -en gros- à 3 ans (selon leur maturité, leur entourage, la stimulation d'aînés, de la crèche ou l'école, etc) essaient le "NON" comme une foultitude de tentatives ;

- Est-ce que mon "Non" marche ? - Est-ce que mon "Non" est drôle et fait rire ? - Est-ce que mon "Non" me fait paraître grand ? - Est-ce que mon "Non" a l'air du Non de mon papa ? - Est-ce que mon "Non" va faire peur ou va faire content ou va faire des choses différentes ? - Est-ce que mon "Non" va ME faire du bien ? etc. etc.

On peut jouer ensuite :

- Toi, c'est non à quoi ? - A je veux pas manger les carottes - Et toi, c'est non à quoi ? - A je veux pas dormir - Et toi, tu dis non pour quoi ? - Pareil - Non , il faut que tu inventes ton non - C'est Non à pas de doudou

etc etc.......... Mais les enfants, NOS et VOS enfants, apprennent, par CES jeux, à justifier leur opposition donc leur Position.


*** Francis : - C'est toute la difficulté des bornes entre ce que nous estimons juste sans parfois percevoir que du côté de l'autre borne, l'enfant le vit injustement.


*** Le grand-père amical : - Oui, sauf que lorsque vous êtes tout petit, l'idée de justice, d'injustice, n'est pas la même. Les petits sont remués intimement par ce qui leur semble injuste de manière inexplicable, peut-être tout simplement parce qu'ils ne COMPRENNENT PAS pourquoi l'adulte a décidé ainsi.


*** Une maman : - Nous pouvons, adultes, expliquer et justifier nos "Non". Cela peut les aider.

Il y a notre histoire de vie, à nous parents, l'éducation que nous avons reçu, les principes que nous avons gardés avec un nouveau compagnon ou une compagne.

Il y a nos blessures d'enfants. D'enfance.

Et puis il y a aussi et malgré nous, nos propres enfants, qui se construisent sur nos "OUI", avec et malgré nos "NON", qui ne les vivent pas de la même façon selon leur arrivée dans la fratrie, selon leur sensibilité, selon leur besoin, selon leur sexe, selon la relation avec le père et/ou la mère, différent des autres frères et soeurs.

Et tout ceci est un vrai mystère.

Un GRAND MERCI AUX PARENTS, GRANDS-PARENTS (donc parents), et ENFANTS (adultes sans enfants mais "parents" de....) pour cette rencontre extrêmement riche, pour l'écoute et le respect mutuels.

Savoir dire "Non" , parfois, c'est aussi tendre la main...au lendemain.